Aujourd’hui j’ai rencontré :
- des pélicans,
- des alligators,
- des dauphins,
- des lamantins (ou manatee comme on dit par ici)
Et puis j’ai rencontré…
… les castors senior !
Ca c’était programmé-juré-craché : de passage sur leur lieu de résidence, je ne pouvais pas ne pas faire la connaissance des parents de Louis !
Le castor senior est une espèce très particulière qui vit 6 mois par an dans un mobile home installé à la lisière des Everglades.
Et même si, depuis 2 ans que je connais Louis, je me suis fait à certaines particularités, je dois reconnaître que la rencontre a été plutôt euh… décoiffante.

Plus que l’identité québecoise, je crois que c’est la typologie Paré qui constitue le critère le plus déconcertant. Et puis retrouver en presque double exemplaire certaines caractéristiques que l’on croyait avoir été spécifiquement dévolues à un spécimen unique est une expérience un tantinet perturbante. Pour sûr, y’a pas besoin de test ADN pour relier entre eux les membres de la famille Paré !
Dire que les parents de Louis sont « dynamiques » est un euphémisme proche de la litote. Je sais pas, peut-être que chez les Paré on tombe dès la naissance dans une marmite de sirop d’érable… auquel cas il faut d’urgence en faire profiter la délégation française aux JO de Pekin.
En l’espace d’une demi heure, Pierre et Jeanine m’ont traîné à travers tout le campground, fait assister à une démonstration de shuffle (un genre de curling sans glace et sans balayette), présenté aux instances du camp, organisé le programme de la visite de la région (piloté par eux bien sûr) et réservé une séance d’air boat (ces barques typiques des Eveglades qui sont propulsées par une hélice d’avion). Pierre a même trouvé le moyen de m’initier aux subtilités du cruise control de ma voiture et expliqué comment accéder à certaines préférences du GPS. Ouf !
Tout ça tambour battant, en m’installant d’autorité dans une complicité désarmante de gentillesse et de drôlerie et au milieu d’un flot de paroles ininterrompu (je ne suis même pas sûr que Louis aurait pu en placer une, c’est dire)…
Le programme touristique plutôt intensif nous a amenés jusqu’au déjeuner… et aux confidences. Mais là, plus question pour moi de tailler un costard au castor.
En fait, c’est son père qui a parlé « si mon fils est sensé, il le doit à sa mère, mais c’est grâce à moi qu’il est un peu fou ! » (…) Le reste est private, vous me comprenez hein monsieur Louis ? Ah si, un message personnel de Pierre et Jeanine : Louis, quand tu bosses chez tes parents en vacances, même s’ils adorent la chanson Come in my World que tu as mise en sonnerie téléphonique, évite de te faire appeler à 4h du matin !
Plus tard dans l’après-midi, alors que le pilote de l’air boat fonçait comme un dingo à travers la mangrove, je reprenais lentement mes esprits. Et je me disais que, de retour au bureau, je vais considérer Louis d’un autre œil : comparé à ses parents, ce garçon est finalement assez… reposant…























